Torino Turistica



La Basilique de Superga

Basilique de Superga En partant du centre ville (Place Castello, 239 mètres d'altitude) on peut rejoindre le Col de Superga (670m. deuxième col, par altitude, de la colline turinoise, après le Col de la Maddalena - 715 mètres) et franchir les 10 kilomètres qui le séparent de Turin. En empruntant d'abord la route qui longe le Pô, et ensuite, sur la droite, une route de la colline, parfois agréablement panoramique. Une autre solution consiste à arriver jusqu'au bout de Corso Casale (Borgata Sassi) d'où part le caractéristique tramway à crémaillère qui, sur un parcours de 16 minutes, franchit une dénivellation de plus de 400 mètres.
Pendant le siècle dernier, pour couvrir ce trajet, on utilisait souvent des charrettes ou des voitures tirées par des mulets, qu'on pouvait louer sur le Corso Casale ,juste où l'on trouve, aujourd'hui, un restaurant au nom évocateur:"Il Muletto"(Le Petit Mulet)
La Basilique de Superga est une étape obligatoire pour le touriste. De l'esplanade qui s'ouvre devant l'église, on jouit d' une vue exceptionnelle, surtout au coucher du soleil, lorsque au delà de la ville, en guise de toile de fond, se dessine, dans l'ombre, la grande enceinte des Alpes. Des personnages importants, tels que J.J. Rousseau, Napoléon, Stendhal et Le Courbusier ont été saisi par son charme. Derrière la Basilique, au loin, on aperçoit les collines du Monferrato

Son histoire

Le 2 septembre 1706, les princes Victor Amédée II et Eugène de Savoie qui avaient rejoint le sommêt du col pour observer les positions de l'armée franco- espagnole qui, depuis quatre mois, assiégeait Turin firent voeu devant la statue en bois de Notre Dame des Graces et promirent que si les français avaient été vaincus, un temple grandiose aurait été construit sur le col. Dans une chapelle est conservée, aujourd'hui, une statue de la Vierge qui reproduit exactement celle démolie pour édifier la Basilique.
Le voeu des princes est également évoqué par une fresque et un tableau, conservés dans l'églse de Sainte Christine, sur la Place San Carlo, à Turin. Après avoir abaissé d'environ 40 mètres le sommet du col pour obtenir une grande esplanade, à environ 670 mètres d'altitude - un travail gigantesque à l'époque - le 20 juillet 1717 commença la construction de la Basilique, d'après un projet du grande architecte Filippo Juvarra. Encore qu'incomplète, elle fut inaugurée 14 ans plus tard, le 5 Novembre 1731, par Charles Emmanuel III. Le plan de la Basilique est circulaire et, sur l'avant, ressort un pronaos imposant, soutenu par huit colonnes corinthiennes, auquel on accède en franchissant un escalier solennel.
La hauteur de la Basilique à partir du sol, jusqu'à l'extrémité de la croix, mesure 75 mètres. L' intérieur - 51 mètres de long et 34 de large - est enrichi de chapelles somptueuses, ornées de stucs, de marbres, de sculptures précieuses et de tableaux.
Sur le maître-autel, un bas-relief remarquable, de Bernardino Cametti (1733) représente le Bienheureux Amédée de Savoie et la bataille de Turin (1706).
La coupole majestueuse qu'encadre deux clochers (60 mètres de haut) inspirés à Borromini, domine le paysage.
L'ensemble de la Basilique est orienté sur l'axe de la route de France (actuellement Corso Francia).
Particulièrement intéressante, la Salle des Papes, le long du cloître, où sont exposés les portraits de tous les Papes.

Les tombeaux de la Maison de Savoie

Les souterrains de la Basilique abritent un grandiose Mausolée, notamment, les tombeaux des souverains de la Maison de Savoie, à partir de Victor Amédée II, jusqu'à Charles Albert (à l'exception de Charles Félix qui est enseveli dans l'Abbaie de Hautecombe) et de 50 princes et princesses, morts après 1732. Victor Emmanuel II, premier Roi d'Italie repose au Panthéon, à Rome.
Deux autres églises de Turin, plus humbles et modestes, mais non moins importantes pour l'histoire du siège de 1706 et pour l'histoire d'Italie, sont liées à la Basilique: l'église de la Madonna di Campagna et l'église de Nostra Signora della Salute (sur la place et l'allée homonymes).
Dans le couvent des Capucins, adjacent à l'église de la Madonna di Campagna les français avaient installé leur quartier général; du haut de son toit, les commandants guettaient les oeuvres de défense des turinois assiégés et il fut le théâtre d'affrontements sanglants. Nostra Signora della Salute (Notre Dame de la Santé), dans le Bourg Vittoria, est assez proche de l'autre église. Ici, certaines rues ont conservé des noms significatifs: via del Ridotto (rue de la Redoute), via delle Trincee (rue des Tranchées), via del Campo (rue du Campement), via dei Fornelli (rue des Fourneaux), via e piazza della Vittoria (rue et place de la Victoire).
A l'occasion du 248ème anniversaire du siège, le 7 septembre 1956, par une cérémonie on a rendu honneur à tous les pauvres soldats qui, sous différents drapeaux, avaient sacrifié leur vie.
A la présence des Consuls des quatre pays (Italie, Espagne, Autriche et France), après une étape au Sanctuaire de la Consolata, patronne de Turin, escortées par un piquet d'honneur et par les plus hautes autorités de la Ville, trois petites urnes furent placées dans une niche, au centre du pronaos. Deux d'entre elles contiennent des restes prélevés dans les cryptes des deux églises susdites, la troisième, un parchemin qui évoque l'événement, comme le fait une plaque, au sol, que tout le monde piétine, mais que bien peu de personnes remarquent. On y lit:" Ici repose un soldat des armées d'Autriche, de France, du Piémont et d'Espagne, mort pendant le siège de Turin de 1706. Deux siècles et demi plus tard, dans un esprit d'amitié retrouvée entre les peuples, ses restes mortels provenant des sacraires de la plaine ont été ensevelis, ici, le 7 septembre 1956. Gardienne Maternelle, la Vierge, à la Gloire de Superga. "
Sur la place devant la Basilique se dresse, à droite, le monument au roi Humbert Ier, assassiné en 1900, à Monza, réalisé par Tancredi Pozzi (1902). L'aigle blessé sur la colonne monolithe représente la mort du Souverain.

L'impact tragique de l'avion du "Grande Torino"

Un autre"Turin" a terminé ici sa saison de gloire: l'équipe de foot-ball du Grande Torino Calcio.
Le 4 mai 1949, l'avion emportant l'équipe qui rentrait de Lisbonne après un match victorieux, à cause - peut être - des mauvaises conditions atmosphériques s'écrasa au pied de la grande muraille, derrière de la Basilique.
31 personnes moururent: toute la grande équipe (y compris les réserves), les six accompagnateurs et l'équipage. Une grande plaque rappelle aux nombreux viisiteurs, qui n'ont pas oublié, cette tragédie .